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Conference papers

Au-delà d’une apparente cacophonie : les bases sociales du chorus chez le singe hurleur

Résumé : Les singes hurleurs sont parmi les primates les plus populaires en raison de leurs impressionnantes (puissantes et longues) séquences de hurlements collectives, mais nous savons encore très peu de choses sur leur capacité de flexibilité vocale. A première vue, ces événements sonnent comme une cacophonie avec peu de diversité acoustique et d'organisation temporelle apparentes. Nous avons relevé le défi en échantillonnant chaque unité sonore au sein des séquences de hurlements de plusieurs groupes de singes hurleurs noirs sauvages (sites d’étude : Palenque et Xcaret, Mexique). Premièrement, nous avons décrit douze types de cris, acoustiquement et contextuellement discriminables. Les mâles et les femelles adultes partagent une bonne partie de ce répertoire. Les femelles sont capables d’émettre des cris forts, mais les mâles contribuent à ces évènements avec des taux d’émission bien plus élevés que ceux des femelles. Deuxièmement, nous avons démontré l’existence de variations acoustiques individuelles dans les deux types de cris les plus fréquemment utilisés. Nous avons de plus prouvé, en exposant des groupes voisins à des repasses de ces cris pour simuler des situations socio-spatialement congruentes et non congruentes, la capacité des mâles à se reconnaître simplement à l’oreille. Troisièmement, nous avons décrit une organisation temporelle non aléatoire des émissions vocales au sein de ces séquences. Alors que les mâles adultes crient essentiellement à tour de rôle, les femelles adultes émettent la plupart de leurs cris en superposition, en particulier avec ceux d'autres femelles. Quatrièmement, nous avons découvert chez certains mâles un geste particulier consistant à placer une main devant la bouche en émettant un type de cri fort. Ce geste n’a été observé que dans un sous-ensemble, géographiquement localisé sur les 21 groupes étudiés. Le taux d’émission de ce geste dépendait de la nature de l’audience, il entraînait une augmentation des réponses vocales et permettait aux mâles d’abaisser la fréquence de leur voix. Ce signal de communication, qui est apparu dans la région de Palenque au Mexique et qui semble se transmettre culturellement, joue un rôle dans la compétition intergroupes et la cohésion intra-groupe. En somme, nous démontrons ici une flexibilité chez les singes hurleurs en termes de production et d'utilisation vocales, de perception auditive, d’interactions vocales et de communication multimodale. Conformément à l'hypothèse de coévolution, nous confirmons que les facteurs sociaux (e.g. statut social de l’émetteur, fonction sociale du cri) guident cette flexibilité.
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https://hal-univ-rennes1.archives-ouvertes.fr/hal-01382423
Contributor : Umr6552 Ethos <>
Submitted on : Monday, October 17, 2016 - 9:41:58 AM
Last modification on : Thursday, January 9, 2020 - 4:08:04 PM

Identifiers

  • HAL Id : hal-01382423, version 1

Citation

Alban Lemasson, Margarita Briseño Jaramillo, Alejandro Estrada. Au-delà d’une apparente cacophonie : les bases sociales du chorus chez le singe hurleur. 29e Colloque de la Société Francophone de Primatologie, Université de Rennes 1, Oct 2016, Paimpont, France. ⟨hal-01382423⟩

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