Skip to Main content Skip to Navigation
Conference papers

Que reflète le jeu adulte chez des singes captifs ?

Résumé : Il n’y a pas de vrai consensus sur les définitions et fonctions du jeu. Le jeu est avant tout une caractéristique des jeunes stades de développement. Par conséquent, la plupart des hypothèses fonctionnelles proposées suggèrent des bénéfices à long terme, comme l’”entraînement” aux futures compétences adultes ou la “préparation à des conditions inattendues”. Cependant, malgré un siècle de recherches, il y a peu de preuves scientifiques permettant de favoriser une hypothèse fonctionnelle. Il est généralement admis que le jeu est supprimé par le stress et serait donc potentiellement un indicateur de bien-être. Pourtant, même au jeune âge, et encore plus au stade adulte, la relation entre jeu, stress et bien-être est complexe. Le but de l’étude présentée ici était de tester la signification fonctionnelle du jeu adulte, en particulier comme indicateur de bien-être ou comme moyen d’augmenter la cohésion sociale. Les observations réalisées sur des cercopithèques captifs ou vivants en conditions naturalistes (Université de Rennes 1, N=19) nous ont permis de vérifier le constat général d’une plus grande prévalence de jeu adulte en milieu captif. Nous montrons ainsi que les animaux vivant en conditions naturalistes (mais sans prédateur et avec des ressources alimentaires ad libitum) ont le même faible niveau de jeu adulte qu’observé dans la nature, ce faible taux ne peut donc s’expliquer par un stress accru (prédateur). S’est donc posée la question du lien entre jeu adulte et conditions de bien-être. Nos études sur des populations captives de macaques (rhésus et à longue queue, plus de 100 individus – Elevage de Fang Cheng Gang et de Xierxin, Chine) vivant en conditions d’élevage intensif révèlent de fait une co-occurrence entre jeu adulte et comportements stéréotypiques, eux-mêmes considérés comme étant le reflet de conditions de vie inappropriées chez les primates. Des expériences précoces stressantes (sevrage précoce) semblent aussi induire une augmentation du jeu au stade adulte. Nous avons ensuite testé si la prévalence de jeu adulte pouvait être liée à l’organisation sociale. En fait, en conditions naturalistes et en groupe stable, les individus des deux espèces testées (70 macaques rhésus, Zoo Planète sauvage ; 10 mones de Campbell, Université de Rennes 1) n’ont quasiment pas produit de jeu adulte. Des augmentations ont cependant été observées à des moments de perturbation sociale: disparition d’animaux, arrivées de nouveaux individus. L’augmentation des comportements de jeux s’est observée lors de perturbation: disparition ou arrivée d’un animal. Le jeu chez les adultes était plus fréquent lors de perturbation et d’instabilité sociale tant chez les primates que chez d’autres espèces comme les chevaux, laissant supposer ainsi que ce phénomène pourrait être général. Nos résultats suggèrent que le jeu adulte n’est pas juste “avoir du plaisir” et que dans certaines circonstances, il pourrait indiquer que l’individu a besoin d’évacuer le stress. Il ne s’agit en aucun cas d’un indicateur fiable de bien-être.
Complete list of metadatas

https://hal-univ-rennes1.archives-ouvertes.fr/hal-01382428
Contributor : Umr6552 Ethos <>
Submitted on : Monday, October 17, 2016 - 9:47:29 AM
Last modification on : Thursday, January 9, 2020 - 4:08:04 PM

Identifiers

  • HAL Id : hal-01382428, version 1

Citation

Martine Hausberger, Céline Rochais, Sandrine Camus, Alban Lemasson, Erwan Bezard, et al.. Que reflète le jeu adulte chez des singes captifs ?. 29e Colloque de la Société Francophone de Primatologie, Université de Rennes 1, Oct 2016, Paimpont, France. ⟨hal-01382428⟩

Share

Metrics

Record views

130